Conseils de lecture

Histoire d'Irène

Histoire d'Irène

De Erri De Luca
Traduit par Danièle Valin
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 12,50 €
Conseillé par Lydie B.. (Librairie Papeterie Aux Lettres de Mon Moulin)
mardi 14 juillet 2015 5 étoiles

Dans « Histoire d’Irène » Erri de Luca nous raconte trois récits qui ont en commun la mer.
Cette mer méditerranée qui est la force d’Erri de Luca, lui qui a grandi sur la mer, fait ressortir dans tous ses livres des sentiments d’enfance, il fait revivre le passé. Il n‘invente pas des histoires, il raconte ce qu’il voit, ce qu’il entend, en y ajoutant toujours sa note de mythologie.
« L’histoire d’Irène » le premier texte est le plus long de ce recueil.
Irène est une toute jeune femme, qui a le ventre qui s’arrondi, elle est mystérieusement enceinte, et tout le monde la rejette. Elle ne trouve pas sa place sur terre. Elle ne se sent libre que quand elle nage au milieu des dauphins. Seul le narrateur l’écoute et il est son porte-voix. La nuit quand elle sort de l’eau, elle lui confie ses secrets. Lui seul, étranger au village, accepte de les entendre. Irène est ni femme, ni déesse, ni sirène, elle n’est ni de la Terre ni de la Mer. Elle est une figure marginale comme les aime Erri de Luca. Elle lui permet de convoquer la mythologie et de réunir les humains et les animaux sous l’influence des Dieux.
« Le ciel dans une étable » le second texte raconte une période de la vie d’Aldo de Luca, le père d’Erri, en 1943, alors qu’il était réfugié dans une étable avant de fuir sur l’ile de Capri. Là se trouvait aussi un vieil homme de religion juive qu’Aldo interrogeait sur ses croyances et sur sa bible qu’il ouvrait chaque jour sans même la lire. Peut-être l’origine de la passion d’Erri de Luca pour les écritures saintes et l’hébreu.
La dernière histoire « une chose très stupide » est la plus courte mais elle est très émouvante. Un vieux napolitain attend un instant de bonheur pour tirer sa révérence, au soleil, face à la mer.
Comme d’habitude, ce livre est un petit bijou, une perle rare. Un hommage à la Vie.
Un conseil : Il ne faut pas passer à côté.

La vie est facile, ne t'inquiète pas

La vie est facile, ne t'inquiète pas

De Agnès Martin-Lugand
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 16,95 €
Conseillé par Lydie B.. (Librairie Papeterie Aux Lettres de Mon Moulin)
mardi 14 juillet 2015 4 étoiles

« La vie est facile ne t’inquiète pas » est la suite de « les gens heureux lisent et boivent du café » premier roman d’Agnès Martin Lugand sorti en 2013 qui avait séduit plus de 300 000 lecteurs et sera bientôt adapté au cinéma.
Il n’est pas indispensable d’avoir lu le premier titre pour lire celui-ci même si on y retrouve plusieurs personnages dont Diane, qui est la propriétaire d’un café littéraire nommé « les gens heureux lisent et boivent du café ». Diane a perdu son mari et sa fille unique dans un accident de voiture et alors qu’elle était inconsolable, elle avait fui en Irlande pour s’isoler sur le chemin du deuil. Les amitiés irlandaises qu’elle a su tisser lui ont permis de se reconstruire peu à peu.
De retour à Paris, Diane a décidé de tourner la page et de reprendre en main son café, aux côtés de son fidèle ami Felix qui va tout tenter pour que Diane puisse refaire sa vie. Mais Diane ne pense qu’au travail et elle s’y jette à corps perdu, peut-être que l’esprit occupé effacera les souvenirs. Pourtant un client un peu plus courtois attirera un jour son attention. Mais même si les sentiments se réveillent, Diane ne peut répondre à ses attentes, jamais elle ne supportera d’être mère à nouveau, la disparition de sa fille semble l’avoir brisée à tout jamais.
Alors qu’elle visite une exposition, Diane se retrouve face à une connaissance qui la replonge en Irlande. Elle est bouleversée par ce qu’elle apprend et des événements inattendus vont de nouveau bousculer sa vie.
Agnès Martin Lugand nous entraîne encore une fois dans un roman que l’on ne peut pas lâcher. Elle a réussi à intégrer des scènes cocasses et amusantes à un récit émouvant sur la reconstruction après un deuil, avec des personnages très attachants. Un superbe message d’espoir.

Le portefeuille rouge

Le portefeuille rouge

De Anne Delaflotte Mehdevi
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 20,00 €
Conseillé par Lydie B.. (Librairie Papeterie Aux Lettres de Mon Moulin)
mardi 14 juillet 2015 4 étoiles

Anne Delaflotte Mehdevi fait revivre l’héroïne de son premier roman « la relieuse du gué » paru en 2008. Dans son nouveau titre elle nous sert une intrigue Shakespearienne en trois actes.
Mathilde, est une jeune relieuse qui a repris l’atelier de son grand-père dans un village de Dordogne Montlaudun. Elle a su tisser des liens indéfectibles avec les artisans de la ruelle où elle habite, la rue du Gué, contrairement à l’odieuse « relieur-doreur » Astride Malinger.
Cette consœur qui vient recourir ses talents pour la restauration d’un ouvrage unique, un fabuleux trésor : un exemplaire du premier folio de Shakespeare dont elle espère tirer un bon prix.
Tout d’abord, Mathilde refuse de retarder ses ouvrages en cours pour rejoindre l’atelier de la méprisante Malinger dans la ville voisine. Pourtant la curiosité l’emporte et dès que ses doigts effleurent les feuillets de papier ancien, elle accepte la formidable mission.
La cassante Astride sait bien se faire plus douce quand il s’agit de demander la collaboration de la passionnée et talentueuse relieuse du gué.
Malgré le côté désagréable de la présence d’Astride, Mathilde ne peut que se réjouir du travail passionnant qu’elle a la chance d’effectuer, d’autant plus qu’elle tirera de ce travail réalisé, un bien étrange salaire. Car au moment de lui payer le montant convenu entre les deux femmes, Astride estime que Mathilde a été plus rapide que prévu et donc qu’il n’est pas juste de la rémunérer autant. Dans ce jeu de dupes, Mathilde ne sera pas la plus faible, elle aura la répartie et saura retourner la situation en demandant à être payée en nature avec le fameux portefeuille de cuir rouge qui est posé sur une étagère de l’atelier de reliure.
Que sont ces feuillets anciens contenus dans ce portefeuille, je ne vous le dévoilerai pas, à vous de le découvrir !
Ce que je peux vous dire c’est que Mathilde saura si ce qui lui arrive relève de la catastrophe ou du miracle, quand elle aura élucidé l’énigme de ces feuillets, dans les pas de Shakespeare. Un superbe roman qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne.

CHEMINS ete 2015

CHEMINS ete 2015

Lesbre, Michèle
En stock, expédié demain En stock, expédié demain 16,00 €
Conseillé par Lydie B.. (Librairie Papeterie Aux Lettres de Mon Moulin)
samedi 07 mars 2015 5 étoiles

Le point de départ de ce nouveau roman est l’image d’un homme assis sous un réverbère, fumant la pipe et lisant un livre bien précis « Scènes de la vie de bohème » d’Henry Murger. Cette scène, sous le regard de la narratrice va déclencher un travail de mémoire. Car en observant cet inconnu, elle se souvient de son père dans la même position avec le même livre, qui était son ouvrage de référence, celui qui ne quittait pas son bureau, qu’il avait toujours sous la main. Cela va entrainer chez cette femme, une sorte de quête de la figure paternelle.
Comme elle vient d’accepter de garder la nouvelle maison de ses amis pendant leur absence, elle va s’y rendre par des chemins détournés, comme si elle faisait l’école buissonnière. Elle erre le long d’un canal et fait de multiples rencontres : un éclusier dont elle pourrait tomber amoureuse, un couple de bateliers avec qui elle va faire une partie du voyage sur leur péniche et un chien errant qui ne la quittera plus. Tous ces personnages vont lui permettre de se remémorer sa jeunesse et son enfance. Plus particulièrement, la présence de cet homme qui s’est introduit dans leurs vies, la sienne et celle de sa mère, elle avait déjà trois ans et sa mère lui présenta comme son père alors qu’elle ne l’avait jamais rencontré.
Ce père décédé trop tôt, elle n’a pas vraiment su l’aimer car ils n’ont pas toujours pris le temps de se comprendre. Enfin, il est temps de le redécouvrir, ce qu’elle fera tout au long de son joyeux périple, certes nostalgique mais surtout libérateur.
Car c’est à l’issue de cette promenade lumineuse qu’elle se libèrera totalement de celui qu’elle appelle son « intime étranger » pour enfin accepter ce père tel qu’il était.
Michèle Lesbre nous offre comme dans tous ses romans, une écriture sublime, poétique et sensible.
Un roman bouleversant sur la quête des origines qui nous rappelle avec une infinie douceur que nous avons tous des chemins intimes à parcourir encore.

Amours

Amours

De Léonor de Récondo
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 21,00 €
Conseillé par Lydie B.. (Librairie Papeterie Aux Lettres de Mon Moulin)
samedi 07 mars 2015 5 étoiles

« Amours » le dernier titre de Léonor de Recondo aux éditions Sabine Wespieser est pour moi un véritable coup de cœur autant pour le livre que pour l’auteur dont j’avais beaucoup aimé le précédent roman « Pietra viva » qui vient de paraître en format poche aux éditions Seuil. « Pietre viva » raconte quelques mois de la vie de Michel-Ange, Léonor de Recondo y interroge le mystère de la création et les obsessions de l’artiste.
Dans « Amours » Léonor de Recondo relate une histoire de femmes dans les années 1900, dans une maison bourgeoise du Cher. Le propriétaire des lieux, Anselme de Boisvaillant est notaire, il est marié à Victoire depuis cinq ans mais son épouse n’arrive pas à lui donner l’héritier tant attendu. Leur mariage était certes arrangé mais Victoire est jeune et belle. Pourtant celle-ci tellement corsetée dans ses dentelles, se sent comme cadenassée dans sa vie, et la musique qu’elle joue sur son piano ne suffit pas pour lui donner ce bonheur qui lui échappe désespérément.
Régulièrement, Anselme monte dans les combles de leur habitation, pour y retrouver Céleste, la jeune domestique qui n’a d’autre choix que de subir les ardeurs de son maître. Il faudra plusieurs semaines à cette jeune femme de 17 ans pour comprendre qu’elle est enceinte. Bien qu’elle tente de cacher sa grossesse pour ne pas être renvoyée, la maitresse de maison Victoire comprend les méfaits de son mari et décide de prendre sa destinée en main. Cet enfant sera le sien et Céleste qu’il l’a porté, restera à ses côtés. Les convenances bourgeoises laisseront alors place à la force des sentiments et aux amours cachés.
Léonor de Recondo nous décrit ces destins de femmes tout en finesse. C’est en violoniste virtuose qu’elle y rythme ses phrases dans une musicalité parfaite, une justesse des mots, une subtilité et une sensualité poétique.
« Amours » est un roman sur les secrets de famille, sur la maternité mais aussi sur la liberté des corps et l’éducation des jeunes filles au début du XXe siècle, celles qui lisaient en cachette Madame Bovary en s’identifiant à Emma.