CHEMINS ete 2015

Michèle Lesbre

Sabine Wespieser Éditeur

  • Conseillé par (Libraire)
    7 mars 2015

    Errance délicate

    Le point de départ de ce nouveau roman est l’image d’un homme assis sous un réverbère, fumant la pipe et lisant un livre bien précis « Scènes de la vie de bohème » d’Henry Murger. Cette scène, sous le regard de la narratrice va déclencher un travail de mémoire. Car en observant cet inconnu, elle se souvient de son père dans la même position avec le même livre, qui était son ouvrage de référence, celui qui ne quittait pas son bureau, qu’il avait toujours sous la main. Cela va entrainer chez cette femme, une sorte de quête de la figure paternelle.
    Comme elle vient d’accepter de garder la nouvelle maison de ses amis pendant leur absence, elle va s’y rendre par des chemins détournés, comme si elle faisait l’école buissonnière. Elle erre le long d’un canal et fait de multiples rencontres : un éclusier dont elle pourrait tomber amoureuse, un couple de bateliers avec qui elle va faire une partie du voyage sur leur péniche et un chien errant qui ne la quittera plus. Tous ces personnages vont lui permettre de se remémorer sa jeunesse et son enfance. Plus particulièrement, la présence de cet homme qui s’est introduit dans leurs vies, la sienne et celle de sa mère, elle avait déjà trois ans et sa mère lui présenta comme son père alors qu’elle ne l’avait jamais rencontré.
    Ce père décédé trop tôt, elle n’a pas vraiment su l’aimer car ils n’ont pas toujours pris le temps de se comprendre. Enfin, il est temps de le redécouvrir, ce qu’elle fera tout au long de son joyeux périple, certes nostalgique mais surtout libérateur.
    Car c’est à l’issue de cette promenade lumineuse qu’elle se libèrera totalement de celui qu’elle appelle son « intime étranger » pour enfin accepter ce père tel qu’il était.
    Michèle Lesbre nous offre comme dans tous ses romans, une écriture sublime, poétique et sensible.
    Un roman bouleversant sur la quête des origines qui nous rappelle avec une infinie douceur que nous avons tous des chemins intimes à parcourir encore.


  • Conseillé par
    18 mars 2015

    Une virée poétique

    Roman de la perte, Michèle Lesbre nous indique les voies du désir au cours d'une virée pastorale jalonnée de reminiscences.
    Impétueuses telles un torrent au printemps, les premières pages ont la beauté du diable pour évoquer l'horreur - la guerre - la disparition du père et l'énigme d'un couple.
    Soudain le fleuve s'apaise. On pense au Du Bellay des " Regrets ". L'auteure embraye avec
    l'actualité d'une autre perte, une maison symbole des années heureuses, qui vendue devient le prétexte au départ.


    La randonnée pourtant ne va pas de soi, elle hésite, s'égare même. Qu'importe, la fugueuse fera de jolies rencontres, l'amour, l'amitié au fil de l'eau.
    Le récit progresse ainsi par un jeu de résonances intimes jusqu'à son point climatérique.
    L'occasion pour nous de rêver sur ces chemins qui, ou d'autres sentent la noisette, eux prennent leur temps.


  • Conseillé par
    9 février 2015

    Du pluriel au singulier

    Rencontre languide et poétique avec la figure du père, des hommes, des amants... Michèle Lesbre nous livre ici une quête tendre, émouvante et drôle aussi, qui emprunte tous les chemins, sentiers. Et le verbe va son chemin au gré d'une subtile rêverie étoilée. Des chemins ne restera qu'un chemin, le "s" tombe, qu'une photo, qu'un homme.
    L'auteur(e) suit les méandres de sa pensée et associe passé et présent au fil des rencontres. Elle signe un texte inouï et lumineux... comme pour contraster avec la photo du père, en noir et blanc.

    Nicolas G. Librairie Lesperluète